A l’occasion du Blog Action Day et alors que se tient actuellement en France le Grenelle de l’Environnement qui traduit les préoccupations croissantes de la population concernant la santé de notre planète, nous avons choisi de démarrer aujourd’hui une série de billets sur le thème des entreprises et de l’environnement.

Avant toute chose, il nous semble important de débuter ce cycle par une mise en perspective. L’ensemble des problématiques dites « environnementales » découle d’une loi naturelle malheureusement mal connue du grand public : le deuxième principe de la thermodynamique.
En effet, celui-ci postule que toute transformation (production d’énergie, de services ou de produits, recyclage) s’accompagne de la création d’entropie, c’est-à-dire de désordre : on nomme cela l’irréversibilité.
Il est important d’insister sur ce terme : les activités humaines ont un impact irréversible (pollution, déchets, émissions de gaz à effet de serre, dégradation des écosystèmes) et inéluctable sur les ressources limitées de notre planète (une atmosphère vivable très ténue, des réserves d’eau et de matières premières et fossiles rapidement épuisables).
Loin de nous l’idée de conclure que le tri sélectif et les processus de recyclage qui se mettent par exemple lentement en place dans les pays développés sont inutiles.
Cependant, le principe d’entropie nous rappelle qu’ils entraînent eux aussi du gaspillage et qu’il faut avant tout produire plus intelligemment et surtout moins produire et moins consommer : il est par exemple intuitif qu’il vaut mieux produire moins d’emballages plutôt que d’en produire autant et de devoir les recycler…
Il faut en effet considérer la Terre comme un système isolé, le seul apport d’énergie extérieure étant le rayonnement solaire. Or, la conquête de l’espace étant encore balbutiante, force est de reconnaître qu’il n’existe aucun moyen, à court ou moyen terme, de s’affranchir de notre dépendance à notre planète et à ses ressources.
Cependant, ce n’est pas l’entropie en elle-même qui est en cause : comme pour d’autres planètes du système solaire et au-delà, l’atmosphère terrestre finira fatalement par s’échapper, les océans par s’assécher et la vie par disparaître.
Le problème provient en réalité du rythme auquel nous gaspillons actuellement les ressources, et qui ramène l’horizon de la disparition de l’homme de quelques centaines de millions d’années à quelques centaines d’années si on considère l’empreinte écologique des quelques 7 milliards d’êtres humains qui peuplent actuellement la planète.
Ainsi, le désordre créé par nos actions perturbe un équilibre fragile qui a mis des millions d’années (processus évolutif et biodiversité) voire des centaines de millions d’années (stockage naturel des combustibles fossiles) à s’établir.
Si chacun est responsable individuellement, par son comportement et son mode de vie, de cette dégradation (et surtout nous qui vivons dans les pays développés), l’entreprise constitue cependant une matrice privilégiée au sein de laquelle peuvent et doivent se développer des projets visant à réduire l’impact général de l’activité humaine sur la Terre et parvenir à préserver l’avenir des générations futures.
C’est justement parce qu’il existe néanmoins des raisons d’espérer en l’avenir que nous nous pencherons dans de prochains billets sur les entreprises qui parviennent à concilier business et respect de l’environnement.