Même si quelques voix se sont élevées ça et là pour exprimer le fait que la Web 2.0 Expo de Berlin n’a rien eu d’exceptionnelle (peu d’annonces globalement en effet excepté la release Ginger de Netvibes), celle-ci s’est conclu jeudi soir par un keynote enthousiasmant.
Don Tapscott (auteur de « Wikinomics ») y a effectué la démonstration que le mode de fonctionnement des entreprises est en passe de connaître sa plus importante mutation depuis un siècle.
L’évolution technologique entraîne en effet une évolution profonde des organisations avec l’avènement de la collaboration de masse qui prend la forme de contributions décentralisées voire individuelles, auto-organisées pour atteindre un objectif commun.
Concrètement, il est désormais possible de produire par ce moyen non plus seulement de la connaissance (Wikipedia) ou du logiciel (Linux, MySql, Firefox ou n’importe quel autre des quelques 160 000 projets Open Source existants) mais également des biens physiques industriels (comme le Boeing 787 ou le Tesla Roadster dont nous vous parlions récemment, en passant par l’automobile Open Source que la Chine pourrait bien un jour construire pour 1000 $) ou encore des services (la banque Zopa par exemple).
Même s’il apparaît évident que ce changement de paradigme (terme dont Don Tapscott fut justement l’inventeur voici une vingtaine d’années) n’interviendra pas sans résistance au changement, le passage d’une économie où les entreprises protègent jalousement leurs actifs vers une économie ou elles partagent ces mêmes actifs afin de les enrichir apparaît inéluctable.
Don prend ainsi pour exemple de cette « réindustrialisation complète du monde » le cas des majors du disque dont il prédit l’effondrement définitif dès 2008.
Par ailleurs, des travaux de recherche ont récemment prouvé que les processus cognitifs des jeunes de la génération Internet sont modifiés par leur usage quotidien et transparent des technologies. Ainsi, ceux-ci passent désormais plus de temps a communiquer et a créer du contenu (email, mobile, SMS, blogs, IM et même microblogging) qu’à consommer passivement de l’information (TV, radio).
C’est pourquoi ils seront au coeur de cette révolution de la « production sociale » et de la « co-innovation » appelée à terme à modifier durablement le tissu économique mondial.
Mise à jour : La vidéo de l’intervention de Dan Tapscott est maintenant disponible sur le blog BerlinBlase.