Le très attendu moteur de recherche Cuill (prononcer « col ») a été lancé ce matin. Pour l’occasion, il perd un « l » pour devenir Cuil et s’affiche à l’adresse www.cuil.com
La première impression est très encourageante : le design est épuré et fonctionnel (le choix d’un fond noir pour la page d’accueil flatte l’oeil), le temps de réponse extrêmement bref et la présentation des résultats sur trois colonnes au format « magazine » (incluant des images) astucieuse et lisible.
Par ailleurs, Cuil propose un bloc d’exploration « à la Exalead » permettant d’affiner ses recherches en fonctions de propositions de recherches alternatives classées en catégories et sous-catégories.

Il semblerait que ces propositions s’appuient sur une analyse « sémantique » des expressions clés ou tags figurant au sein des pages : un moteur de traitement naturel du language oeuvre certainement en tâche de fond mais celui-ci semble limité à la langue anglaise et s’appuie sur une taxonomie plutôt incomplète.
Mais quid de la qualité des résultats de recherche, qui constitue le seul véritable juge de paix d’un moteur de recherche ?
Même si le Cuil annonce une taille d’index supérieure à tous les autres moteurs du marché (Google compris) avec 121 milliards de pages (!), une rapide comparaison montre que celui-ci est en réalité pour le moment moins complet que celui de Google, car renvoie systématiquement moins de pages sur des requêtes similaires.
Pour être honnête, ce test doit cependant être réalisé sur des requêtes renvoyant peu de résultats puisqu’il est impossible de vérifier que l’un ou l’autre moteur renvoie réellement les dizaines de millions de documents dont il se targue pour certaines requêtes (le nombre maximal de résultats réellement affichables étant de 1000 dans les deux cas).
A première vue, l’index paraît peu récent et comporte de nombreuses lacunes (sites importants non indexés, particulièrement en France). Pourtant, ceux qui ont pu voir en action les crawlers de Cuil savent que ceux-ci sont extrêmement efficaces (et sont passés sur leurs sites, quand bien même ceux-ci ne figurent pas encore dans l’index accessible au grand public).
Une seule explication possible donc : Cuil ne donne pas encore accès à l’intégralité de son index, à des fins probables de test de montée en charge progressive (de manière à atténuer le fameux « effet lancement », dont Cuil a d’ores et déjà fait les frais ce matin).
Attendons donc de voir Cuil donner toute sa puissance pour juger de la pertinence des résultats, qui sera à n’en pas douter impressionnante au vu des premiers pas de ce moteur généraliste qui en fait certainement le plus digne d’intérêt depuis Exalead.