Archive pour la catégorie ‘Web 2.0’

Lancement de Cuil, un moteur de recherche à très fort potentiel

Lundi 28 juillet 2008

Le très attendu moteur de recherche Cuill (prononcer « col ») a été lancé ce matin. Pour l’occasion, il perd un « l » pour devenir Cuil et s’affiche à l’adresse www.cuil.com

La première impression est très encourageante : le design est épuré et fonctionnel (le choix d’un fond noir pour la page d’accueil flatte l’oeil), le temps de réponse extrêmement bref et la présentation des résultats sur trois colonnes au format « magazine » (incluant des images) astucieuse et lisible.

Par ailleurs, Cuil propose un bloc d’exploration « à la Exalead » permettant d’affiner ses recherches en fonctions de propositions de recherches alternatives classées en catégories et sous-catégories.

Il semblerait que ces propositions s’appuient sur une analyse « sémantique » des expressions clés ou tags figurant au sein des pages : un moteur de traitement naturel du language oeuvre certainement en tâche de fond mais celui-ci semble limité à la langue anglaise et s’appuie sur une taxonomie plutôt incomplète.

Mais quid de la qualité des résultats de recherche, qui constitue le seul véritable juge de paix d’un moteur de recherche ?

Même si le Cuil annonce une taille d’index supérieure à tous les autres moteurs du marché (Google compris) avec 121 milliards de pages (!), une rapide comparaison montre que celui-ci est en réalité pour le moment moins complet que celui de Google, car renvoie systématiquement moins de pages sur des requêtes similaires.

Pour être honnête, ce test doit cependant être réalisé sur des requêtes renvoyant peu de résultats puisqu’il est impossible de vérifier que l’un ou l’autre moteur renvoie réellement les dizaines de millions de documents dont il se targue pour certaines requêtes (le nombre maximal de résultats réellement affichables étant de 1000 dans les deux cas).

A première vue, l’index paraît peu récent et comporte de nombreuses lacunes (sites importants non indexés, particulièrement en France). Pourtant, ceux qui ont pu voir en action les crawlers de Cuil savent que ceux-ci sont extrêmement efficaces (et sont passés sur leurs sites, quand bien même ceux-ci ne figurent pas encore dans l’index accessible au grand public).

Une seule explication possible donc : Cuil ne donne pas encore accès à l’intégralité de son index, à des fins probables de test de montée en charge progressive (de manière à atténuer le fameux « effet lancement », dont Cuil a d’ores et déjà fait les frais ce matin).

Attendons donc de voir Cuil donner toute sa puissance pour juger de la pertinence des résultats, qui sera à n’en pas douter impressionnante au vu des premiers pas de ce moteur généraliste qui en fait certainement le plus digne d’intérêt depuis Exalead.

Synthesio Innovation Tour 2008 – Day 5

Dimanche 8 juin 2008

Après un dernier rendez-vous B2B ce matin, nous avons consacré notre après-midi à réaliser la tournée des grands acteurs du web.

Première étape : Twitter. Bien qu’installés dans des locaux pleins de charme, les nouveaux acteurs du web 2.0 étaient malheureusement particulièrement stressés et peu disponibles au moment de notre visite, leur site étant une fois de plus indisponible pour cause officielle de perte de base de données (!). Un aveu d’impuissance qui fait dire ironiquement à Michael Arrington que Twitter a connu quelques instants de disponibilité cette semaine !

L’après-midi, direction Palo Alto, ville où est né le concept de Silicon Valley au travers d’entreprises comme HP ou Xerox, et où siègent une grande partie des entreprises majeures des années Internet. Notre impression est plutôt négative : la ville est moderne mais manque d’âme tandis que l’accueil est froid, que ce soit chez Google (dont les employés nous ont semblé à la limite de la paranoïa) ou à l’Université de Stanford, qui fournit pourtant les « forces vives » d’une partie des startups de la région.

Toutefois, les signes ne trompent pas qui montrent à quel point la concentration d’entreprises et de capitaux est forte à Palo Alto : alors que nous cherchions un café wifi, nous nous sommes garés par hasard devant le siège de Facebook. Et une fois déniché le café wifi en question, nous étions littérallement entourés de jeunes entrepreneurs défendant leur business plan devant des investisseurs attablés devant une bière : no comment ;)

Synthesio Innovation Tour 2008 – Day 3

Vendredi 6 juin 2008

Programme particulièrement chargé aujourd’hui : pas moins de trois rendez-vous dans toute la vallée, avec à la clé quelques heures de voiture (heureusement, le GPS joue son rôle :) )

La dernière entreprise rencontrée n’est autre qu’une des grandes icônes du web : le moteur de recherche de blogs Technorati. Nous avions rendez-vous au « downtown headquarters » de San Francisco où travaille la majorité des 33 employés de Technorati dans une ambiance plutôt concentrée.

Technorati, qui indexait autrefois jusqu’à plus de 100 millions de blogs avec un an d’archives, est aujourd’hui revenu aux fondamentaux : 40 millions de blogs indexés et 6 mois d’archives. La raison ? De nouveaux algorithmes de détection des splogs (« spam blogs » et autres « link baits ») et une suppression automatique de l’index des blogs n’ayant pas publié depuis plus de 6 mois.

Même si ce réajustement rappelle que l’activité de la blogosphère tend à décliner ces derniers temps au profit du microblogging (dont Twitter est l’étendard), Technorati reste l’acteur historique du marché grâce à sa notoriété et son capital sympathie qui incitent les nouveaux blogs à systématiquement « pinger » (informer) Technorati de leur nouveaux posts.

Il suffit d’ailleurs à Technorati d’indexer en totalité les principales plates-formes de blogs mondiales (une quinzaine en tout) pour détecter l’immense majorité des créations de blogs.

Aujourd’hui, la société a surmonté ses récentes difficultés et entend jouer pleinement son rôle de « centre de gravité de la blogosphère » en diffusant notamment de nouveaux widgets sur les millions de sites qui lui accordent leur confiance.

Entreprises et Environnement (5) : Et le web dans tout ça ?

Vendredi 16 novembre 2007

Pour conclure ce cycle de billets sur l’environnement initié il y a un mois à l’occasion du Blog Action Day, terminons par une question en apparence étrange : en quoi le web peut-il être utile à la préservation des ressources naturelles ?

Et bien, il se trouve justement que le web 2.0 constitue de ce point de vue une réelle opportunité ! Si le web 1.0 constituait en effet une simple extension de l’économie traditionnelle, le web d’aujourd’hui est de plus en plus centré sur les usages communautaires et les échanges immatériels, entraînant ainsi (de manière certes souvent indirecte) un changement de paradigme bénéfique pour la planète.

Ainsi, tout ce qui peut être dématérialisé est en passe de l’être, réduisant par exemple la production et l’échange des biens culturels sous leur forme physique.

N’en déplaise aux majors du disque et du cinéma, le marché du CD et du DVD a ainsi entamé son déclin définitif, déclin encore accéléré par des sites comme Deezer.

Ce « Napster légal » (créé comme Synthesio par un ancien ESSEC et déjà serial entrepreneur, Jonathan Benassaya) permet d’écouter à tout moment et gratuitement l’intégralité du catalogue musical d’un nombre incroyable d’artistes, pourvu que l’on dispose, comme 67% des Français, d’une connection Internet à haut débit. A quoi bon, dans ces conditions, continuer à acquérir des CDs qui iront ramasser la poussière sur une étagère passé quelques écoutes ?

De manière générale, les conditions paraissent aujourd’hui réunies pour que s’effectue de manière progressive le passage d’une économie de la propriété vers une économie de la mutualisation. Ainsi, certaines voix commencent à s’élever pour prôner l’arrêt de la consommation débridée avec un message simple qui n’implique pour autant aucun retour en arrière passéiste : tout ce qui ne sert pas régulièrement devrait être loué et non pas acheté.

Pourquoi donc en effet ne pas partager l’usage d’une perceuse ou d’une tondeuse qui ne sera utilisée en tout et pour tout qu’une dizaine de fois par an ?

C’est ce constat qui a amené Thibaud Elzière (déjà fondateur du fabuleux site Fotolia dont nous vous parlions récemment) à créer Zilok, un site sur lequel tout un chacun peut louer des objets. Ce « eBay de la location » promis à un bel avenir participe ainsi à une utilisation communautaire des biens matériels, en réduisant par conséquent la production en amont.

Enfin, terminons par une suggestion adressée aux adeptes de la mode du « fait maison » qui ont acheté machines à pain, cafetières expresso et autres tireuses de bières à domicile, d’un usage plutôt restreint et anti-écologique… Pour éviter que ces appareils ne terminent leur vie oubliés dans un carton au grenier ou à la cave, faites-en profiter vos voisins grâce à Zilok ;)

Web 2.0 Expo : Génération 2.0 cherche Entreprise 2.0

Lundi 12 novembre 2007

Même si quelques voix se sont élevées ça et là pour exprimer le fait que la Web 2.0 Expo de Berlin n’a rien eu d’exceptionnelle (peu d’annonces globalement en effet excepté la release Ginger de Netvibes), celle-ci s’est conclu jeudi soir par un keynote enthousiasmant.

Don Tapscott (auteur de « Wikinomics ») y a effectué la démonstration que le mode de fonctionnement des entreprises est en passe de connaître sa plus importante mutation depuis un siècle.

L’évolution technologique entraîne en effet une évolution profonde des organisations avec l’avènement de la collaboration de masse qui prend la forme de contributions décentralisées voire individuelles, auto-organisées pour atteindre un objectif commun.

Concrètement, il est désormais possible de produire par ce moyen non plus seulement de la connaissance (Wikipedia) ou du logiciel (Linux, MySql, Firefox ou n’importe quel autre des quelques 160 000 projets Open Source existants) mais également des biens physiques industriels (comme le Boeing 787 ou le Tesla Roadster dont nous vous parlions récemment, en passant par l’automobile Open Source que la Chine pourrait bien un jour construire pour 1000 $) ou encore des services (la banque Zopa par exemple).

Même s’il apparaît évident que ce changement de paradigme (terme dont Don Tapscott fut justement l’inventeur voici une vingtaine d’années) n’interviendra pas sans résistance au changement, le passage d’une économie où les entreprises protègent jalousement leurs actifs vers une économie ou elles partagent ces mêmes actifs afin de les enrichir apparaît inéluctable.

Don prend ainsi pour exemple de cette « réindustrialisation complète du monde » le cas des majors du disque dont il prédit l’effondrement définitif dès 2008.

Par ailleurs, des travaux de recherche ont récemment prouvé que les processus cognitifs des jeunes de la génération Internet sont modifiés par leur usage quotidien et transparent des technologies. Ainsi, ceux-ci passent désormais plus de temps a communiquer et a créer du contenu (email, mobile, SMS, blogs, IM et même microblogging) qu’à consommer passivement de l’information (TV, radio).

C’est pourquoi ils seront au coeur de cette révolution de la « production sociale » et de la « co-innovation » appelée à terme à modifier durablement le tissu économique mondial.

Mise à jour : La vidéo de l’intervention de Dan Tapscott est maintenant disponible sur le blog BerlinBlase.